Notre agenda de recherches

 

Les recherches que nous développons relèvent principalement du domaine des recherches opérationnelles c’est-à-dire qu’elles visent à améliorer la performance des programmes médicaux et plaider en faveur de changements dans les politiques de santé. Elles entrent dans le champ de l’Implementation Science qui s’intéresse à la façon dont une innovation réussit concrètement à s’intégrer dans les pratiques quotidiennes pour avoir un impact sur la santé. Nos recherches portent aussi bien sur l’évaluation d’outils techniques, d’activités, de stratégies que de modèles de soins.

Nous développons des recherches dans trois grands domain

  • Pôle Gynécologie

Consultation gynécologique :  La mortalité liée à des problèmes gynéco-obstétrique est un problème important dans les pays du Sud. Jusqu'à présent, l'attention de l'OMS, des ministères de la santé et des ONG internationales a été principalement focalisée sur les soins liés à la grossesse. Depuis peu, une prise de conscience est intervenue et des activités liées à la gynécologie se développent. Au Cameroun, le Ministère de la Santé Publique a manifesté sa volonté d'améliorer l’accès à la Santé de la Reproduction Pour faire face aux besoins de consultations gynécologiques, nous proposons de mettre en place un paquet d'interventions simples et efficaces de soins gynécologiques essentiels intégrés au fonctionnement du district de santé. Une salle de consultations gynécologiques devraient être fonctionnelle fin 2016. 

Schistosomiase génitale féminine :  La schistosomiase est la première cause de mortalité parmi les maladies tropicales négligées (280 000 décès par an) et, avec 243 millions de cas, est la deuxième infection parasitaire en importance après le paludisme. De nouveaux tests de dépistage, de nouvelles formulations pédiatriques, de nouvelles molécules doivent être évalués pour élaborer des stratégies de prise en charge plus performantes. La schistosomiase génitale féminine (FGS ) est une complication fréquente chez les femmes atteintes de schistosomiase urinaire ou systémique. Les FGS posent un risque grave pour la santé des femmes vivant dans les zones endémiques. Un groupe de travail récent de l'OMS a conclu que la schistosomiase génitale féminine pourrait être un facteur de risque de transmission du VIH aux femmes. Cette forme de la maladie est mal connue et ne dispose pas de traitement réellement efficace. Le consortium FGS propose de développer plusieurs études pour mieux étudier cette pathologie et apporter des traitements adaptés. La mise en place de la salle de consultations gynécologiques à l'hôpital d'Akonolinga fin 2016 devrait permettre de recueillir les premières données cliniques et épidémiologiques.  

 

  • Pôle Soins de plaie

Soins de plaies : Les plaies chroniques sont un problème de santé publique en Afrique trop souvent ignoré dont le traitement requiert des soins longs et coûteux. Depuis plusieurs années des progrès ont permis de développer des protocoles internationaux innovant et du matériel plus performant qui reste malheureusement chers et peu disponibles en Afrique. MSF et les Hôpitaux universitaires de Genève ont développé une série d’actions concrètes pour améliorer les soins de plaies en tenant compte des contextes rencontrés en Afrique rurale. Ce travail s’est appuyé sur le programme Buruli que MSF a géré de 2002 à 2014 à Akonolinga avec le Ministère de la santé et avec l’appui des HUG et d’Epicentre. Avec le soutien des HUG, de la Société Camerounaise des Plaies et de l’université de Yaoundé, un cours sur les plaies chroniques est organisé chaque année en février. Le contenu du kit humanitaire de soins de plaie est en cours de révision en liaison avec l'OMS, EWMA et le WAWLC.  

Ulcère de Buruli : Akonolinga est une zone endémique pour l'ulcère de Buruli. Epicentre et MSF ont réalisé entre 2011 et 2014 une étude permettant de définir un score clinique d’aide au diagnostic du Buruli. Le suivi des données des patients avec ulcère de Buruli à Akonolinga a permis aux HUG en collaboration avec MSF de mener une étude descriptive (publiée en 2014) qui semble indiquer que le HIV pourrait être un facteur de risque et de gravité pour le Buruli. D'autres études complémentaires sont prévues.

  • Le score d'aide au diagnostic Buruli a besoin d’être validé par une nouvelle étude en situation réelle qui devrait débuter fin 2016.
  • Il est nécessaire d'élargir le collactif de patients suivis et de récolter plus de données dans le cadre d’une étude multicentrique pour vérifier l'implication du HIV dans l'ulcère de Buruli.
  • La Fondation Fiocruz souhaite vérifier si les méthodes de détection moléculaires précoces pourraient détecter le Mycobacterium Ulcerans dans le sang et dans les urines.

 

  • Pôle Soins de plaie

Morsure de serpent :  Avec 125 000 décès chaque année, les morsures de serpents sont la deuxième cause de mortalité parmi les maladies tropicales négligées après la schistosomiase. Pourtant des stratégies innovantes basées sur un accès précoce aux sérums antivenimeux (stratégie de référence rapide pour les patients et mise à disposition des sérums au niveau du district) sauveraient de nombreuses vies. Les tests d’envenimation permettraient de n’utiliser les sérums qu’en cas de nécessité. De nouveaux sérums lyophilisés mériteraient d’être évalués car ils présentent l’avantage de ne pas nécessiter de chaîne de froid. Sous la direction des HUG, une étude visant à mieux décrire la situation épidémiologique dans le district d'Akonolinga à été initée en juillet 2016. Un travail avec le Ministère de la Santé Publique, le CASE, l'institut Pasteur, la société Africaine de Venimologie et les HUG vise à favoriser l'implantation des nouveaux sérums lyophilisés au plus près des communautés.  

 

  • Pôle Stage

Stage en milieu tropical pour étudiants : En dehors de la recherche, nous facilitons l’accueil de stage pour étudiant infirmier, médecin, technicien biomédical afin de découvrir la pratique médicale dans un contexte rural africain. L’hôpital d’Akonolinga accueille déjà le stage pratique du cours de soins de plaies organisé par les HUG et la faculté de médecine de Yaoundé.